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Quand est-ce qu’on devient maman exactement ?

Quand est-ce qu’on devient maman exactement ?

 Je me souviens très bien d’avoir à l’âge de 9 ans posé à ma mère cette question étrange :

« Quand est-ce qu’on devient une grande personne exactement ? »

Je ne me souviens pas vraiment de sa réponse, mais je me demande parfois ce que je vais répondre à ma fille le jour où elle aura la bonne idée de m’interroger sur le sujet…

Je lui dirai qu’il n’y a pas sûrement pas de moment précis pour devenir « grand », et que ces choses-là prennent du temps. Je lui expliquerai que ce sont les expériences variées de la vie qui nous font grandir et qu’il faut une sacrée dose de confiance en soi pour un jour se proclamer « grande personne ».

Si je me réfère à ce que je vois dans le miroir tous les jours, je peux voir la grande personne que je suis devenue et je suis à peu près sûre de faire illusion, de me fondre dans la masse des grands. et pourtant je n’ai rien senti… Ça ne s’est pas passé du jour au lendemain, je n’ai pas soudainement décidé de troquer toute l’innocence de l’enfance contre les considérations pénibles du monde des grands.

On va dire que pour moi comme pour tout ceux qui ont survécu à l’adolescence, ça s’est passé plus ou moins en douceur, mais ça a finit par arriver sans qu’il y ait un jour précis : oui je suis bien devenue adulte, aucun doute.

J’avoue cependant que j’appréhende le jour où ma fille me posera cette autre question:

« Quand est-ce qu’on devient Maman exactement ? »

Ça semble tellement évident…

Et pourtant…

Il y a bien évidemment plusieurs étapes dans la maternité: la grossesse, l’accouchement, l’attachement à l’enfant…
Ces paliers sont censés amener la femme à naître en tant que mère, à éclore tel le bouton de rose qui avant de s’ouvrir, s’adapte à son environnement pour pouvoir s’épanouir et dévoiler toute sa beauté et ses capacités.

Pour devenir mère, la femme doit s’adapter à son bébé mais aussi à elle-même, à sa nouvelle personnalité : elle va connaître des changements brutaux dans la phase de grande vulnérabilité qu’est le postnatal.
La jeune mère va alors probablement passer par la plus grosse réorganisation psychique jamais vécue dans sa vie et sa préoccupation majeure dès la naissance de son enfant, c’est d’être une bonne mère.

Cette restructuration de ses priorités est difficile à mettre en place: ça ne peut pas se faire vite fait, bien fait! C’est bien plus complexe que ça!

Mon corps se prépare à devenir maman , et ça prend du temps !

C’est surtout à l’acte physique d’accoucher que l’on se prépare pendant la grossesse et ses neuf mois. C’est d’ailleurs, dans un premier temps, la demande des futures parents. C’est ce que les sages-femmes proposent lors des cours d’accouchement: comprendre la physiologie de l’accouchement pour mieux être à l’écoute de notre corps, et ressentir les choses pour « bien » accoucher. On essaye tant bien que mal de se «préparer» pendant la grossesse avec plein de techniques: lectures, conseils d’amies et de sages-femmes, yoga, aquagym prénatale, sophrologie…. tout cela dans le but de vous préparer au mieux au jour où tout va s’accélérer et où vous n’aurez pas le temps de vous plaindre du client le plus dur en affaire qui soit : votre enfant.

Neuf mois pour se projeter dans l’accouchement, mais pas trop, neuf mois pour tenter d’apprendre à respirer et à gérer le stress dans l’attente de douleurs parfois encore plus fantasmées que l’enfant lui-même. L’entourage de la femme enceinte n’est pas toujours tendre et n’hésite pas à abreuver la future mère de récits de naissance parfois épouvantables, détails sordides à l’appui, entretenant le mythe de la femme qui ne va pas savoir faire alors que tout son ADN féminin propulse son corps vers la naissance.

Et si on laissait la femme enceinte gérer ses propres peurs, les accepter, les intégrer, plutôt que de lui en proposer de nouvelles auxquelles elle ne pense même pas parfois?
Si être mère n’était qu’une question de respiration, nous serions toutes très facilement médaillées d’or de la maternité. Mais ce n’est pas qu’une question de préparation physique. D’autres challenges bien plus grands sont à venir…

Passé l’heure de la délivrance, voilà qu’il faut cesser de dormir, commencer à nourrir, changer des couches, apprendre à soigner, à câliner, à dorloter et même à aimer un bébé: Bref, en devenir responsable.

Oui, devenir responsable, et coupable, l’un ne va pas sans l’autre, tout en modifiant profondément son psychisme pour changer mentalement du tout au tout. Émotionnellement, rien ne sera plus jamais comme avant, et je ne vous parle pas de la vie quotidienne. Il y a de quoi devenir schizophrène!

Devenir chef d’entreprise ne se fait pas du jour au lendemain!

Une telle restructuration ne peut être qu’intense… Tous les chefs d’entreprise vous le diront: au sens large, la restructuration d’une usine ou d’un commerce est l’occasion d’examiner le modèle opérationnel existant, et de le refondre pour atteindre un objectif de rentabilité à long terme. La structure préexistante est profondément modifiée, au prix de nombreux sacrifices, pour un objectif qui surpasse tous les intérêts personnels.

Le jour où vous devenez mère vous voilà propulsée avec un coup de pied aux fesses au rang de dirigeant de TPE (Très Petite Entreprise = moins de 10 salariés). Vous vous devez d’être innovante, efficace et rentable. L’absence de rendement n’est pas permise. Il est obligatoire de réussir!

Dans quelle entreprise avez-vous vu un employé heureux, détendu et épanoui d’être du jour au lendemain responsable de la gestion des ressources humaines, de la communication interne et externe et du développement de la société? Ces nouvelles fonctions génèrent un stress majoré par le client de l’entreprise qui est du genre intransigeant: il ne tolère pas toujours très biens vos hésitations pourtant légitimes ! Il est exigeant et profite de situations inédites pour vérifier vos capacités d’adaptation et votre soutien sans faille dans les conditions les plus extrêmes. Vous ne risquez pas d’être virée, ce qui pourrait parfois être un soulagement mais vous encourrez pire: être propulsée au rang de mauvaise mère, toisée du coin de l’œil par les donneuses de leçon du quartier, ou malmenée par votre rejeton qui ne vous respecte pas car décidément vous ne savez pas vous y prendre.

On vous prévient: vous ne serez plus la même dès lors que vous aurez lu avec effroi et/ ou bonheur le résultat du test sanguin. Dès à présent les émotions les plus contradictoires se mêlent dans votre esprit, vous imposant un changement de rythme et ça tombe bien: la restructuration commence dès aujourd’hui!

Intégrer un changement psychique majeur au fur et à mesure 

Contrairement à l’étape de la puberté, qui aide à passer d’enfant à adulte sur plusieurs années, vous aurez moins de temps pour vous adapter, et vous serez certainement moins zen face à vos hésitations de jeune mère.Votre vitesse d’adaptation est grande et cela vous parait normal…

Mais avez vous vraiment conscience des modifications psychiques notables qui s’opèrent en vous?

-vous étiez la fille de votre mère, vous devenez la mère de votre enfant
-votre couple évolue (votre conjoint est devenu père également)
-vous vous sentez responsable de la vie et de la survie de votre bébé
-vous développez une sensibilité nouvelle
-il va falloir concilier enfant et vie professionnelle/personnelle
-vous devez trouver votre place dans la société et dans votre propre famille…

Le « devenir parent » ne se construit pas sur le même rythme pour tout le monde. Chaque femme vit ces modifications suivant ses ressentis, suivant l’accouchement qu’elle va vivre, et le bébé qu’elle va découvrir.

Le père, lui aussi fait de son mieux: il continuera de vivre des journées rythmées par la sonnerie de son réveil le matin et par son planning de travail habituel. Il compensera son absence auprès de son enfant par un bain le soir en rentrant du travail, quelques couches changées, un biberon et tant d’autres choses qui feront de lui un bon père, mais rien dans son corps ne l’oblige à devenir père physiquement. Il n’a pas toujours cette possibilité (ni financière, ni professionnelle) de prendre un long congé à la naissance de son enfant.

Les congés maternité et paternité n’ont pas la même durée, ce qui valide socialement les différences entre l’homme et la femme.Cela détermine ainsi les rôles impartis (mère nourricière/ père travailleur) et accentue les inégalités psychiques face au phénomène de la parentalité. Cette différence notable est souvent à l’origine d’un décalage voir d’une rupture au sens large sur différents niveaux : rythme de vie, perception du nouveau né, ressenti de la parentalité… Alors devenir mère, devenir père fait l’objet d’un cheminement très personnel.

Et je crois que c’est ce que je répondrais à ma fille quand elle me posera la fameuse question

 

Je deviens mère quand je peux ,

Je choisis de devenir mère quand je me sens prête tout simplement…

Arrêtons de nous blâmer de ne pas savoir faire, de ne pas savoir être mère, en courbant l’échine sous le poids de notre nullité et en s’auto-flagellant?
Acceptons une bonne fois pour toutes et très simplement qu’on est en train d’accéder à une version évoluée de soi-même, une version remodelée, bâtie sur des fondations solides malgré l’immensité de la tâche qui nous attend?

Une nouvelle version qu’il va falloir s’approprier ! Et qui nous rendra conscientes que nous sommes plus solides que jamais, nous prouvant enfin que ce sont bien les mères qui sont les héros des temps modernes !!!

 

Written by

Marie-Élise Launay

J’ai démarré mon métier de sage-femme en structure hospitalière en 2005 puis après une expérience de vie à l’étranger où j’ai donné naissance à mon premier enfant, je me suis installée à l’ouest de la France où j’ai exercé en maternité privée. Je suis installée en libéral depuis 7ans, et j’aime par dessus tout aider les femmes à devenir le meilleur d’elles-même au travers de cette grande transformation de vie qu’est la maternité. Maman de 3 enfants, j’ai pu expérimenter 3 naissances complètement différentes, et 3 extraordinaires occasions de grandir encore plus dans ma vie de tous les jours, de devenir une meilleure amie pour moi, une meilleure alliée pour mes enfants et une femme plus épanouie pour vivre aussi de belles choses en couple. Les femmes que je rencontre au quotidien me donnent très souvent l’occasion d’avoir envie d’avancer dans ma réflexion autour de l’accompagnement de cette période du post partum si vertigineuse. Ma rencontre avec Gabrielle n’est surement pas le fruit du hasard, alors nous nous sommes lancées…. Osons explorer ce monde de la maternité et vous faire part de nos découvertes et de nos expérimentations afin de vous proposer des clés pour découvrir en vous tout votre merveilleux potentiel et votre capacité à être la femme qui sommeille en vous! Un but commun , une énergie communicative et une certitude d'être dans le vrai, à la bonne place, légitimes pour aider, voici ce qui nous anime aujourd'hui....

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