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J’allaite ou pas, témoignage de Karine

J’allaite ou pas, témoignage de Karine

J’ai voulu allaiter ma première fille.

Cela ne s’est pas bien passé. Montée de lait douloureuse, bébé qui ne tétait pas bien, qui s’énervait sans arrêt, crevasses insupportables… Résultat : 2 mois de mixte compliqué. Échaudée par cette première expérience, je n’ai pas souhaité allaiter mon second bébé. Elle a donc eu des biberons dès la maternité. Arrivée à la maison, j’ai eu des regrets. Je l’ai mise au sein au 4e jour, et me suis équipée d’un tire-lait au 10e jour. Mais, malgré tous mes efforts, et des stimulations toutes les 2-3 heures de jour comme de nuit, je n’ai jamais réussi à lancer une lactation complète. Résultat : 3 mois de mixte laborieux. Moralité : deux décisions différentes pour un même résultat.

J’ai donc une histoire compliquée avec l’allaitement.

Mais cela m’a amenée à m’interroger sur ce que cette problématique (r)éveillait chez moi.

Fille d’une féministe plus ou moins émancipée, je n’ai pas été allaitée (comme nombre de nouveaux nés des années 1970-1980). Pire, lorsque j’ai voulu allaiter mon premier bébé, ma mère s’est moquée de moi, voyant là une régression pour la femme. Avec de pareils antécédents, l’allaitement n’était pas, pour moi, une évidence.

Mais l’opinion publique est comme le vent. Elle change régulièrement de direction. Aujourd’hui, la société est traversée par un profond courant naturaliste. La tendance est à l’accouchement au naturel, à l’allaitement, au portage et au cododotage. Des exhortations d’autant plus pressantes que la planète s’enfonce sous des strates de pollution. Comme si on voulait compenser la noirceur ambiante en exigeant des femmes une maternité plus saine. Une maternité virginale, en quelque sorte.

Ma génération est littéralement tiraillée entre ces deux mouvements. Je sens en moi la contradiction qui m’a conduite, à chaque naissance, à ne pas savoir sur quel pied danser, entre l’émancipation supposée du biberon, et les bienfaits tant vantés de l’allaitement.

J’ai donc jonglé, comme je le pouvais, avec ces deux postures. Sans profiter vraiment des avantages du biberon, puisque quand mon mari nourrissait ma fille, je tirais mon lait au lieu de sortir. Et sans la satisfaction de la mettre au sein, puisque ayant été habituée au débit rapide du biberon, elle a rapidement refusé de téter.

Ce qui a été le plus dur, c’était de subir, en plus, des remarques culpabilisantes, du genre : « Tu n’allaites pas !? C’est un choix ? ». Ou encore : « L’allaitement, c’est mieux quand même. » Ou bien : « Les enfants allaités sont en meilleure santé. » J’aime aussi beaucoup celle-ci : « Tu la nourris ?», sous-entendu qu’au biberon, j’affame mon enfant. Et puis si je ne me sentais pas encore assez coupable, le packaging des boîtes de lait en poudre s’y mettait aussi, me rappelant, plusieurs fois par jour, que « le lait maternel est ce qu’il y a de meilleur pour votre bébé. » Ce qui signifie donc que le lait artificiel est moins bon. Que je suis une moins bonne mère. Et que mon enfant sera en moins bonne santé. Du moins, c’est ce que je pensais.

J’en ai développé une culpabilité énorme.

Au point que je complexais à l’idée de donner un biberon en public.

Heureusement, j’ai trouvé une oreille attentive et bienveillante dans le cabinet de ma sage-femme.  J’y ai rencontré plusieurs mamans. Certaines allaitantes. D’autres, biberonnantes. À force de partager nos expériences, j’ai compris que, quoi qu’on fasse, nous, les mères, nous sentons toujours coupables. Nous voulons tellement bien faire, la société est tellement exigeante, et ses exigences tellement fluctuantes, qu’il y aura toujours quelqu’un pour nous faire des reproches. L’allaitement n’est qu’un des aspects de cette pression permanente. J’ai rencontré des « mamans biberonnantes » complètement décomplexées. Et des mamans allaitantes qui n’osaient pas sortir un bout de sein en public. D’autres mamans se rendent malades parce que leur bébé ont la tête aplatie, ou un reflux, ou des nuits trop hachées pour son âge. Elles ont toutes en commun le sentiment, douloureux, de ne pas être une mère parfaite.

Or, la mère parfaite n’existe pas. Pour s’en convaincre, il suffit de relire le livre de Libby Purves (Comment ne pas être une mère parfaite) qui, il y a 20 ans, recommandait aux mamans d’allaiter – mais seulement pour qu’on leur foute la paix -, de laisser leurs enfants jouer avec à peu près n’importe quoi, et de les confier à une nounou pas trop je-m’en-foutiste.

Pour revenir à l’allaitement, qui a été ma pierre d’achoppement pendant plusieurs mois, voici ce que je pourrais en dire après-coup : je crois qu’il n’est pas facile, pour toutes les femmes, d’identifier leur propre désir d’allaitement.

Quand j’ai compris que j’aurais aimé allaiter, il était déjà trop tard. J’ai passé trois mois à courir après un train parti sans moi. Ceci dit, si j’avais allaité exclusivement, je ne suis pas certaine que cela aurait été plus épanouissant d’être réveillée toutes les 2 h sans pouvoir jamais passer le relai, et d’avoir un bébé accroché au sein quasiment 24h/24 alors que mon corps de jeune accouchée n’était que douleurs et fatigues. Forte de cette expérience, si j’ai un conseil à donner aux mamans qui hésitent, c’est d’essayer d’allaiter, quitte à renoncer ensuite. Car il est plus facile d’en revenir, que de lancer, après coup, une lactation.

Dans tous les cas, je crois qu’il y a autant de façons de materner que de mamans. Le choix du biberon n’engage pas le pronostic vital de votre enfant, ni son capital santé. Je n’ai pas été allaitée, et je ne me porte pas moins bien que les autres. Et puis mieux vaut un biberon donné avec amour qu’une tétée subie.

Car ce dont le bébé a réellement besoin, c’est d’une maman heureuse et détendue.

Bien dans ses baskets maternelles.

 

Article écrit par Karine D.

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Written by

Marie-Élise Launay

J’ai démarré mon métier de sage-femme en structure hospitalière en 2005 puis après une expérience de vie à l’étranger où j’ai donné naissance à mon premier enfant, je me suis installée à l’ouest de la France où j’ai exercé en maternité privée. Je suis installée en libéral depuis 7ans, et j’aime par dessus tout aider les femmes à devenir le meilleur d’elles-même au travers de cette grande transformation de vie qu’est la maternité. Maman de 3 enfants, j’ai pu expérimenter 3 naissances complètement différentes, et 3 extraordinaires occasions de grandir encore plus dans ma vie de tous les jours, de devenir une meilleure amie pour moi, une meilleure alliée pour mes enfants et une femme plus épanouie pour vivre aussi de belles choses en couple. Les femmes que je rencontre au quotidien me donnent très souvent l’occasion d’avoir envie d’avancer dans ma réflexion autour de l’accompagnement de cette période du post partum si vertigineuse. Ma rencontre avec Gabrielle n’est surement pas le fruit du hasard, alors nous nous sommes lancées…. Osons explorer ce monde de la maternité et vous faire part de nos découvertes et de nos expérimentations afin de vous proposer des clés pour découvrir en vous tout votre merveilleux potentiel et votre capacité à être la femme qui sommeille en vous! Un but commun , une énergie communicative et une certitude d'être dans le vrai, à la bonne place, légitimes pour aider, voici ce qui nous anime aujourd'hui....

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