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La Maternalité: l’Art de devenir Maman

La Maternalité: l’Art de devenir Maman

Je crois que si l’on demande à des mamans ce qui leur est passé par la tête le jour où elle ont su qu’elles étaient enceinte, elles parleront très certainement d’une avalanche de sentiments confus, qui exprime une projection quasi immédiate et soudaine de l’esprit vers un monde imaginaire, captivant et angoissant tout à la fois. C’est ainsi que les idées les plus extrêmes s’entrechoquent en elles: pour certaines le sol s’ouvre sous les pieds lors d’une grossesse inopinée et pas franchement espérée, pour d’autres une joie immense teintée d’anxiété procure le sentiment dérangeant d’être heureuse et insatisfaite dans des proportions égales.

La banalité apparente de cette annonce provoque toujours des sentiments intenses et profonds, souvent inattendus et surprenants.
On pense réagir d’une certaine façon face à des événements bien précis et finalement la vie nous apprend tout autre chose. La spontanéité est de mise. On est sous le CHOC de cette nouvelle renversante….
Et c’est plutôt NORMAL:

La grossesse c’est tout sauf banal…

Lorsque je suis enceinte, et que c’est plutôt une bonne nouvelle je me projette très vite au moment de la naissance, je pense déjà «+9mois», je calcule mon congé maternité, je réalise que je vais devoir l’annoncer à mon employeur, mais comment vais-je le dire à ma sœur qui vient de faire une fausse couche, finalement ce voyage prévu dans 6 mois va devoir être reporté, peut être d’ailleurs qu’on ne le fera jamais, va-t-on devoir changer d’appartement, comment va t on s’en sortir???

J’ai parfois déjà des idées incongrues concernant mon enfant; je sens déjà que ce sera une fille, un garçon… je cherche dans mon corps les signes de grossesse, je me laisse aller à regarder les rayons de vêtements d’enfants, je suis attendrie par le fils de mon amie, j’imagine déjà mon compagnon fier d’être papa….

Je m’attache assez vite, et puis finalement non je veux me protéger, alors j’attends pour l’annoncer… Pourtant la grossesse prend très vite possession de mon esprit qui vagabonde à la vitesse de l’éclair, avant d’envahir mon corps avec des modifications physiques: la poitrine qui gonfle, le ventre qui devient plus rond…

Une chose est sûre: la grossesse ne laisse personne indifférent.

Le projet de porter la vie, quand il se concrétise, devient parfois terrifiant de contradictions.
On a longtemps pensé que la relation mère-enfant était une évidence, un lien naturel, instinctif, presque animal. Pourtant tout ne va pas de soi, devenir mère peut prendre plus de temps que prévu, la relation peut avoir du mal à s’installer, puis à exister, ce qui peut entraîner des maladies de l’attachement de la mère à son enfant, souvent diagnostiquées en pédopsychiatrie chez les enfants .

Les dépressions prénatales non résolues, souvent cachées par la femme, et donc ignorées par l’entourage pendant la grossesse et lors du post-partum peuvent influencer directement ce lien, pas si instinctif que ça.

D’où provient donc cette difficulté à créer le lien mère-enfant ?

La maternalité (terme utilisé par Racamier, psychanalyste, dès 1961) vient de la contraction de 3 mots bien connus: maternel, maternité et natalité.
Elle sera étendue plus tard à la parentalité, dont on entend plus souvent parler.

La maternalité est le processus de maturation psychique par lequel la femme enceinte devient ensuite maman. Cette parentalité peut être vue comme une nouvelle phase de développement dans la vie d’adulte, un processus inconscient caractérisé par des préoccupations nouvelles, imposant au parent une tache considérable de redistribution de ses priorités. Passer de l’adulte responsable de lui-même et de ses plaisirs, à l’adulte responsable d’un autre être humain et donc tourné vers d’autres objectifs (transmission, éducation…) ne se fait pas sans écueils, ni sans vagues de fond.

Il existe deux facettes de la grossesse qui peuvent en partie expliquer pour une femme la difficulté du devenir parent:

la grossesse «physique»: le changement corporel progressif au cours des 9 mois de gestation est très bien pris en charge par les nombreuses consultations médicales obligatoires, par les échographies qui prennent aussi en compte le bébé à naître… Ce n’est pas toujours une évidence pour les femmes d’accepter les modifications du corps, même si certaines femmes s’y épanouissent complètement. La place de la future mère dans notre société est très valorisée, notamment par l’entourage proche. Il y a d’ailleurs des places, des files d’attentes réservées aux femmes enceintes (et ce n’est plus le cas malheureusement pour les femmes qui viennent d’accoucher…). C’est la partie visible d’un phénomène bien plus complexe qu’il n’y paraît: la naissance d’une mère.

la grossesse «psychique» dont on tient peu compte dans notre culture. Elle est pourtant physiologique et essentielle: c’est le lieu de l’élaboration de la nouvelle identité de la femme qui porte la vie. Elle doit ainsi inventer une nouvelle fonction dans son psychisme : «devenir mère de cet enfant là». C’est la partie cachée, parfois insoupçonnée de l’iceberg de la maternité, et c’est bien évidemment le plus gros morceau de ce phénomène. Toutes les femmes ne seront pas soumises au même niveau d’intensité des émotions, car cela dépend de chaque histoire personnelle et de ce que la mère en a fait .

Ces 2 aspects (le physique et le psychique) sont absolument indissociables et il est grand temps de les envisager ensemble dans un suivi médical qui considérerait systématiquement métamorphose physique et psychique comme d’égale importance, ce qui n’est malheureusement pas toujours le cas.

La période de maternalité est donc une sorte de crise dans la vie d’une femme : c’est la restructuration complète de son organisation psychique. Cet événement et les bouleversements qui en découlent sont pourtant malheureusement très banalisés. Pourtant, une femme à ce moment de sa vie est tourmentée par le choc frontal des événements passés et de l’environnement présent. Elle doit en permanence procéder à l’ajustement de ses expériences sur ce qu’elle vit concrètement. C’est la rencontre de l’empirique et de l’onirique, du réel et du fantasmé.

Je vous laisse imaginer l’état de choc par lequel passerait le salarié d’un magasin de vêtements si sans préavis sa hiérarchie lui annonçait qu’il ne fera désormais plus dans le prêt-à-porter mais dans les conserves de sardines. Il ne gérera du reste plus la caisse mais la mise en boîte, et il devra se résoudre à changer de local et d’horaires tout en gardant bien sûr le même salaire. On parle bien d’une crise et je gage que ce pauvre employé ne restera pas bien longtemps épanoui s’il n’a pas l’occasion d’exprimer ce qu’il ressent ou d’être entendu dans sa déconvenue. De même qu’on ne peut espérer qu’un processus de mise à jour informatique se fasse sans une configuration du programme, on ne peut décemment pas attendre d’une femme se préparant à accueillir un bébé qu’elle soit parfaitement prête et apaisée si on ne l’assiste pas dans la réorganisation complète de son identité.

Confronter le vécu de sa propre naissance, son enfance , sa relation avec sa propre mère, avec les circonstances actuelles de la grossesse, du couple, de la situation professionnelle et familiale n’est pas de tout repos. Il faut réinventer sa propre vie et tenter de résoudre des questions existentielles très profondes parmi lesquelles :

-Quelle va être la place de notre bébé ?
-Quel type de père va devenir mon conjoint ?
-Quelle est mon identité maternelle ?
-Quelle mère je veux être ?
-Que va devenir mon couple ?
-Quelle va être la réaction de ma mère , de mes parents? Comment va évoluer notre relation mère/fille , père/fille?

Toutes ces interrogations et la difficulté à mettre en place des réponses satisfaisantes peuvent provoquer pour la mère des difficultés dans le lien d’attachement parent/enfant. Je crois beaucoup à l’utilité de proposer en préparation anténatale un éclairage sur tous ces aspects.

Et le père dans tout cela ?

Comment va-t-il mettre en place de son côté le lien avec son bébé ? Lui qui ne bénéficie pas d’un temps de modifications corporelles, ni de modifications psychiques pendant une durée déterminée ? On peut s’interroger à juste titre sur la difficulté du devenir père dans notre société, où cela semble aujourd’hui une évidence, ce qui n’a pas toujours été le cas auparavant: le lien doit se faire, mais comment ?

Pas de congé prénatal, pas de temps dédié pour discuter de cela hormis la préparation à l’accouchement, et le bon vouloir du couple pour échanger sur ce sujet si important. Le modèle de son propre père peut aider, encore faut-il qu’il soit une source d’inspiration !

Je croise souvent des pères qui me touchent beaucoup, notamment ceux qui sont très présents lors d’une nouvelle paternité avec une autre compagne. Souvent devenus pères assez jeunes, ils refont ce cheminement vers la quarantaine, ou plus tard avec une envie de vivre avec leur conjointe actuelle ce qu’ils ont « raté » (selon leurs dires) avec les autres grossesses.

Leur émotion est souvent une source de discussions passionnantes et je les trouve assez justes quand ils disent n’avoir rien compris de ce qui se joue lorsqu’ils deviennent pères pour la première fois… A nous, soignants, de leur faire une place dans ce qui se joue tout au long de la maternité de leur compagne !

Written by

Marie-Élise Launay

J’ai démarré mon métier de sage-femme en structure hospitalière en 2005 puis après une expérience de vie à l’étranger où j’ai donné naissance à mon premier enfant, je me suis installée à l’ouest de la France où j’ai exercé en maternité privée. Je suis installée en libéral depuis 7ans, et j’aime par dessus tout aider les femmes à devenir le meilleur d’elles-même au travers de cette grande transformation de vie qu’est la maternité. Maman de 3 enfants, j’ai pu expérimenter 3 naissances complètement différentes, et 3 extraordinaires occasions de grandir encore plus dans ma vie de tous les jours, de devenir une meilleure amie pour moi, une meilleure alliée pour mes enfants et une femme plus épanouie pour vivre aussi de belles choses en couple. Les femmes que je rencontre au quotidien me donnent très souvent l’occasion d’avoir envie d’avancer dans ma réflexion autour de l’accompagnement de cette période du post partum si vertigineuse. Ma rencontre avec Gabrielle n’est surement pas le fruit du hasard, alors nous nous sommes lancées…. Osons explorer ce monde de la maternité et vous faire part de nos découvertes et de nos expérimentations afin de vous proposer des clés pour découvrir en vous tout votre merveilleux potentiel et votre capacité à être la femme qui sommeille en vous! Un but commun , une énergie communicative et une certitude d'être dans le vrai, à la bonne place, légitimes pour aider, voici ce qui nous anime aujourd'hui....

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