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Ce que j’aurais aimé savoir avant de devenir mère…

Ce que j’aurais aimé savoir avant de devenir mère…

Je suis l’aînée de 4 enfants et j’ai eu le temps de voir grandir et de m’occuper de mes frères et sœurs. J’ai aussi fait beaucoup de babysitting. Et puis pour finir, et surtout, je suis devenue sage-femme. Autant dire qu’avant de devenir Maman j’en connaissais un rayon et devenir mère ne me faisait pas peur du tout!!

Je pensais naïvement « tout » savoir, du moins être parée à toute éventualité et adaptable à tout ce qui pouvait m’arriver…. Et pourtant je suis tombée de haut!!

J’avais observé, lu ou entendu beaucoup de choses. J’avais vu mes belles sœurs ou cousines avec leurs bébés. Je savais ce que je comptais faire et ne pas faire avec le mien! J’avais par exemple un principe ferme et absolu: mes enfants n’auraient JAMAIS de tétine!! Une part de moi savait bien que, de toute façon, rien ne se décide à l’avance. Mais d’emblée je me disais (sans doute un peu prétentieusement) que, moi, je ne me laisserai pas piéger…

Bref la première chose que j’ai découverte est l’adage suivant : « Avant j’avais des principes, maintenant j’ai des enfants !! »

Je voudrais maintenant vous partager une part de mon expérience de la maternité, notamment ce que j’aurais aimé savoir avant, et ce à quoi je ne m’attendais pas.
(Ce qui suit est ce que j’ai pu ressentir moi. J’ai bien conscience que ce que j’ai vécu n’est pas universel et serais intéressée de savoir ce que vous avez ressenti vous!)

Ce qui m’a le plus surpris:

L’effet de la fatigue

Ce n’est un secret pour personne…. Mettre au monde un enfant est épuisant. Le travail peut être long et douloureux, l’accouchement en lui-même demande une énergie énorme…
Autant dire qu’avant la naissance de mon aîné, je n’avais jamais été aussi fatiguée de ma vie entière!!

Et c’est bien sûr dans ce contexte de fatigue extrême, que l’on est soudain propulsée dans un monde nouveau et inconnu, celui d’être Maman. Sachant en prime que les nuits avec un bébé sont très hachées…

Comment je vais réagir face à cette nouvelle vie de Maman dans un état pareil ??
Il est impossible de le savoir à l’avance. Certaines femmes vont accoucher très rapidement et n’auront pas ces valises de fatigue à traîner… Mais pour d’autres, le super cocktail: fatigue + chute hormonale + gestion de l’inconnu, met les mamans dans un
état de vulnérabilité extrême !! Et cet état est à prendre en compte!!

Bref, j’aurais aimé savoir que cette fatigue de dingue allait me mettre dans un état de moi que je ne connaissais pas et que je ne maîtrisais pas du tout!!

J’aurais aimé savoir combien j’aurais du mal à accepter cet état de fatigue et à me reposer vraiment!

L’ambivalence et l’irrationnel

Je ne m’attendais pas à ressentir des sentiments aussi ambivalents, parfois totalement irrationnels, contradictoires et si intenses, me mettant face à des situations ubuesques que je pensais pourtant anticiper du fait de mon métier de sage-femme !
J’avais pourtant vu plein de situations ambivalentes chez mes patientes mais je pensais que j’y échapperai!!

En prime, moi qui avais tant de bienveillance d’habitude envers mes patientes, j’étais incapable d’avoir cette bienveillance à mon égard. Je pleurais de me sentir aussi nouille et dépossédée de mon pouvoir de décision habituel !! Ma raison avait beau me raisonner, mes tripes prenaient totalement le contrôle, et cela a été extrêmement déroutant pour moi de ne plus maîtriser, à ce point, mes émotions au démarrage.

L’ambivalence, c’est le fait de ressentir avec la même intensité une chose et son contraire c’est très déstabilisant parce que du coup on est un peu « le cul entre deux chaises« .  La raison pousse dans un sens mais les tripes ou l’instinct poussent dans l’autre sens. L’irrationnel rentre alors en jeu et moi, ça, je ne m’y attendais pas du tout!! L’irrationnel c’est ce qui est en dehors du domaine de la raison ou qui s’oppose à elle.


Trêve de théories, voici un exemple:
J’avais décidé pour mon premier que je voulais l’allaiter et qu’il était hors de question que ce soit prise de tête.

Je passe ma vie à dire à mes patientes qu’il vaut mieux donner le biberon avec amour que le sein à contre cœur. Je les accompagne du mieux que je peux pour qu’elles puissent faire un choix libre et éclairé concernant un projet d’allaitement ou de biberon. Je ne suis ni pro allaitement ni pro biberon, je suis pro « Maman épanouie »… facile à dire…

Donc forte de cette affirmation, je me suis retrouvée en salle de naissance avec mon fils tout juste né dans les bras, et je l’ai mis au sein… là, ça a été l’horreur. J’ai eu un mal de chien !! Je me suis dit que, franchement, la promotion de l’allaitement, c’était de la publicité mensongère! J’ai dit à mon mari « ça va pas être possible »!!!
Et puis mon homme m’a dit de ne pas me focaliser sur cette première expérience, de réessayer au calme dans ma chambre… ce que j’ai fait…

Seconde expérience, toujours aussi douloureuse, mais avec un petit loup qui tète vigoureusement, se positionne bien et est tout apaisé au sein… J’ai affreusement douillé mais j’ai adoré le côté fusionnel de ce moment… c’est là  que commence l’ambivalence… j’avais autant envie de continuer de l’allaiter que d’arrêter sur le champ!! Chaque mise au sein était une épreuve pour moi mais je ne me sentais pas capable de dire à mon petit garçon, « Maman a trop mal, tu tètes très bien, mais moi, je ne peux pas… »

J’étais perdue dans tout ce que je pouvais ressentir de contradictoire.
Au bout de plusieurs jours de douleurs, la raison me hurlait d’arrêter les frais…. Mes tripes ne me laissaient pas le choix: mes tripes (et non ma raison!!) avaient décidé que si j’arrêtais l’allaitement, j’étais une mauvaise mère et que je perdrais alors ma crédibilité de sage-femme…

Si on m’avait raconté ça avant la naissance de mon petit garçon, j’aurais rigolé, je ne l’aurais pas cru, ou j’aurais imaginé arrêter l’allaitement au bout de 3 jours. En réalité, même si c’était totalement irrationnel je me suis acharnée et malgré tous les problèmes que j’ai pu rencontrer durant cet allaitement, j’ai continué !

Ce qui est rigolo c’est que j’ai revécu ça pour mon troisième! L’allaiter revenait presque à du sadomasochisme tellement j’avais mal! Tout me poussait à lâcher l’affaire. Je regardais mon bébé en me disant qu’il aurait une mère bien plus détendue et sereine en étant nourri au biberon et que vraiment c’était n’importe quoi de m’acharner. Mais cette fois j’ai regardé la situation avec beaucoup plus de bienveillance, de patience et de douceur. Je savais que c’était normal d’être perdue au milieu de ces sentiments contradictoires et que je ne devenais ni débile ni sado maso ! Je me suis laissé du temps et j’ai réussi à poursuivre mon allaitement. J’ai aussi pris les choses en mains pour que ça marche en discutant avec une conseillère en lactation, des collègues sages-femmes, en emmenant mon Loulou voir un ostéopathe pour qu’il tète mieux… bref j’ai choisi de suivre mes tripes au lieu de les subir et de trouver des compromis pour contenter mon cœur et ma tête!


Je ne m’attendais pas non plus…

Je ne m’attendais pas à ce que la maternité me mette dans un état de moi que je ne connaissais pas. J’aurais aimé qu’on me dise à quel point on perd la totale maîtrise de soi, et combien finalement ça n’a pas d’importance. J’aurais aimé comprendre qu’en même temps que je mettais au monde mon enfant c’était une nouvelle version de moi-même qui naissait.

Je ne m’attendais pas à me sentir si abimée physiquement, à observer un tel reflet de moi dans la glace et à mettre autant de temps à retrouver de l’énergie ! Je ne m’attendais pas à avoir autant de mal à me mobiliser les premiers jours même après un accouchement voie basse normal!

Je ne m’attendais pas à me sentir aussi seule en rentrant à la maison, perdue face à une logistique totalement anarchique et imprévisible. Une logistique tellement spécifique à cette période que ceux qui ne sont pas dedans ne peuvent pas comprendre ou ont totalement oublié avoir traversé cela un jour…

Je ne m’attendais pas à être aussi « coincée » à la maison entre les tétées, les dodos, les pleurs etc.

Je ne m’attendais pas à ce que chaque sortie devienne une expédition. Je ne m’attendais pas, par exemple, à ce que le simple fait d’aller à la poste prenne le triple de temps par rapport à avant, le temps d’attendre le moment idéal, de mettre la poussette dans le coffre, de ressortir tout le bazar pour deux minutes, de récupérer le colis, ressortir, éventuellement donner une tétée sur le parking, recharger la voiture etc…

Je ne m’attendais pas à trouver les premières semaines finalement si ingrates, tant on donne de sa personne sans avoir de réel retour et d’interaction avec son enfant. Et puis un jour, il nous sourit, et là le monde peut s’écrouler, même à trois heures du matin, c’est magique!

Je ne m’attendais pas à tout faire pour donner l’illusion que « je gère », « tout va bien », « c’est le bonheur »…. Quand tout le monde vous dit des étoiles dans les yeux: « profite ça passe si vite ».
Oui enfin, en attendant on en c**** un peu quand même!

Je ne m’attendais pas à ce que la reprise du travail soit un tel stress organisationnel et émotionnel.

Je ne m’attendais pas à retrouver si rapidement l’envie d’être à nouveau maman par la suite. Finalement on oublie si vite cette période!!!

 

Et vous? À quoi vous ne vous attendiez pas?

 

NB: nous vous invitons à répondre à notre enquête sur le sujet ici

 

Written by

Gabrielle Vichot

Sage-femme depuis 2009, j'ai travaillé 9 ans à l'hopital avant de m'installer en libéral au printemps 2018. Je suis aussi mère de 3 enfants. Devenir maman m’a donné un élan extraordinaire. Mais cela a aussi été pour moi un vrai chamboulement émotionnel auquel je ne m'attendais pas du tout! Je peux même dire que chacun de mes enfants a fait naître une nouvelle version de moi-même! À partir de ce moment là j'ai exercé mon métier différemment, et me suis particulièrement intéressée à la période post natale. Mon bonheur est de voir des mamans confiantes, sereines et heureuses. Pour cela, je me suis donné pour mission de les accompagner dans les bouleversements de la grossesse et du post-partum. J’ai pour objectifs de les aider à surmonter les difficultés, à trouver leurs propres ressources, à prendre de l’assurance dans leur nouveau rôle de mère et à (re)mettre plus de sérénité et de légèreté dans leur quotidien.

Comments

2 Comments
  1. posted by
    Morgane
    Fév 27, 2018 Reply

    Pour commencer, super blog, merci mesdames.
    C’est tellement encourageant de se dire : « je ne suis pas seule !!! »
    ce qui m’a bien aide personnellement, appeler une copine proche qui a elle-même eu un bébé pour lui demander comment elle s’était sortie de cette galère émotionnelle (« j’en peux plus, je suis crevée, j’aime mon bébé mais qu’est-ce qui m’a pris ? je suis comme prisonnière de ma maternité, vais-je redormir un jour correctement ? tout le monde me dit : profites, ça passe trop vite mais en vrai j’aimerais que ça aille 10fois plus vite ! et la culpabilité de penser tout ça en se disant qu’on ne doit peut-être finalement pas être faite pour être mère comparé à toutes les wonder mamans autour de soi)
    Bref, merci !

    • posted by
      Gabrielle Vichot
      Mar 1, 2018 Reply

      Merci Morgane! J’aime beaucoup cette description de la galère émotionnelle, c’est tout à fait ça! Merci de ce partage riche et précieux!

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